[étude] Buzzea, les utilisateurs ont-ils été réellement pénalisés ?

Lionel Miraton,
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Tweet Buzzea Matt CuttsFin janvier, dans un tweet assassin Matt Cutts indiquait mener une action contre le « réseau de liens » français Buzzea. Le tort de ce réseau, mettant en relations blogueurs et marques, était de ne pas imposer le nofollow. Pire les articles contenaient un lien vers le site Buzzea sur l’ancre article spons0risé

La chasse de Google se poursuit, avec d’autres réseaux dans le monde. Ces dernières semaines ont aussi été agitées suite à un vif débat sur les articles invités (guest blogging). Google était allé jusqu’à pénaliser un blog SEO pour 1 article hors-thématique.
Si Google semble nuancer son approche du guest blogging, la volonté de sanctionner les articles de complaisance avec backlinks est bien réelle.

Sanction symbolique ou réelle ?

Le 28 janvier 2014, Matt Cutts annonçait la sanction du réseau Buzzea. Immédiatement, le Pagerank du site tombait à zéro dans la toolbar. Des réactions sur les réseaux sociaux montraient que des blogs du réseau avaient également perdu leur petite barre verte.

La lutte anti-spam de Google utilise beaucoup d’effets de communication. Faire un exemple public de Buzzea et baisser le Pagerank de la toolbar procède de cette stratégie. Mais au-delà de l'effet de communication recherché, Google sanctionne-t-il réellement ? Autrement dit :
Les sites du réseau, acheteurs et vendeurs, ont-ils vu leur visibilité dans Google baisser ?
Ce sera l’objectif de notre étude.

Méthodologie de l’étude

L'échantillon

Grace au schéma de lien retour utilisé par Buzzea (et qui a causé sa perte), nous avons pu identifier facilement 281 sites vendeurs. Puis, par une analyse manuelle, nous avons pu remonter jusqu’à 34 sites acheteurs.

L’objectif étant d’évaluer l’évolution de la visibilité, nous avons dû écarter 79 blogs. Leur faible positionnement sur les moteurs de recherche ne permettait pas de considérer leur visibilité (et donc son évolution) comme statistiquement significative.

Big data power !

Pour évaluer la visibilité de chacun des sites, nous avons utilisé l’indicateur « Trafic SEO » de SEO Benchmark. Cet indicateur à l’avantage de tenir compte à la fois du nombre de positions et de leur qualité (classement).

Visibilité des sites internet

Pour mesurer l’évolution de cette visibilité, nous avons relevé les valeurs Trafic SEO sur plus de 4 mois, répartis avant et après le tweet (soit du 18/11/2013 au 31/03/2014).

Notez : Pour éviter un effet de sur-pondération des sites de l’échantillon ayant le plus gros score, le score de chaque site a été ramené à un indice base 100 pour le score du 18/11/2013

Résultat 1 :
Vendeurs et acheteurs ont perdu de la visibilité

Pénalité GoogleLe constat est sans appel. Sur la période analysée, les sites qui ont acheté ou vendu des articles/liens via la plateforme Buzzea ont perdu de la visibilité sur Google.
En moyenne, les sites vendeurs ont perdu 18% de visibilité sur Google.fr, et les acheteurs ont perdu 20%.

La baisse est bien répartie sur l’ensemble des sites. Les résultats sont d’ailleurs très proches que l’on utilise une moyenne arithmétique ou géométrique.

Résultat 2 :
La perte a commencé avant l’annonce de sanction

Comme vous pouvez le constater sur les courbes ci-dessous, la baisse de visibilité sur Google.fr a commencé bien avant l’annonce de la sanction.

Perte de référencement Buzzea

Comment l’interpréter ?

Je vois deux interprétations possibles aux fait que les sites aient enregistré une baisse de visibilité significative avant la sanction.

Première possibilité, Google a sanctionné avant de communiquer. Il s’assure ainsi d’attraper tout le monde. La sanction devenant explicite par une baisse artificielle du PR toolbar et le tweet de Matt Cutts.

Deuxième possibilité, le réseau a d’abord été repéré et traité par un filtre algorithmique. Et c’est seulement ensuite qu’il a été traité par la Search Quality Team pour une intervention manuelle.

 

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12 Commentaires
Keeg – econcept

Superbes statistiques.

On peut imaginer un filtre / sanction (sans doute juste au niveau de l’avantage acquis) suivi d’un coup de communication. La baisse qui suit l’annonce est relativement faible et du coup pas forcément imputable à cette annonce.

Benjamin

Excellente analyse Lionel ! Un beau coup de pub pour SeeUrank 😉

Google a incontestablement pris des mesures à la fois contre les sites acheteurs et vendeurs. Les chiffres mentionnés plus haut le montrent bien. Par contre, en ce qui concerne les acheteurs, je m’attendais à une décroissance de leur visibilité plus importante et rapide que celle des vendeurs. En plus de la sanction manuelle et/ou algorithmique qui les a touchée de plein fouet, ils ont effectivement vu un grand nombre de leurs liens entrants supprimés, ce qui ne leur a sans doute pas été favorable. A moins évidemment que Google ait décidé de traiter chaque acteur impliqué de la même façon…

Lionel Miraton

Les acheteurs que nous avons identifié sont des sites établis, avec une notoriété de marque large. A mon avis ils utilisaient surtout les articles sponsorisés pour choisir des ancres. Donc un travail plus qualitatif que quantitatif. Cela explique sans doute l’effet relativement limité de l’implosion de Buzzea.

Diije

Il serait intéressant d’avoir le retour de sites sanctionnés, en termes de baisses de trafic réelles. A mon humble avis les baisses sur les « vraies » courbes risquent d’être bien plus méchantes.
Merci Lionel 🙂

Egoprod

En effet, j’ai remarqué des baisses du côté de certains clients ayant consommé chez Buzzea, qui dataient de début décembre, soit un mois avant le coup fatal.

Néanmoins rien d’alarmant, ça ne représentait que 4 ou 5 positions sur une poignée de requêtes. Ils auraient pu faire ça après les soldes quand même 🙂

Htitipi

Salut Lionel,

Très belle étude, bien aidée par de très bons outils 😉

Plusieurs choses me viennent à l’esprit à la lecture de ton billet :
Les sites sanctionnés ont-ils une option pour lever leur pénalité ? Doivent-ils faire une demande de reconsidération ? Y’a t’il eu pour certain des messages dans GWT ? Il serait intéressant de mener l’enquête.

Avec ton analyse, j’ai maintenant envie de monitorer les variations de positions d’une sélection de sites inscrits sur d’autres marketplaces bien connus (sans footprint) histoire d’avoir un temps d’avance… au moins sur l’actu 😉

patrick

Effectivement, le réseau a certainement d’abord été repéré et traité par un filtre algorithmique, Google traite des dizaines de milliers de cas de ce genre, la pénalité tombe après étude d’une amorce de rétrogradation algorithmique de type Penguin ou autre d’ailleurs, c’est ce qui permet de sortir le carton rouge, sinon c’est mission impossible pour l’équipe antispam. En revanche, je n’ai toujours pas compris l’inverse puisque en théorie il est beaucoup plus difficile de sortir du filtre algorithmique de rétrogradation, or certains sortent d’une pénalité manuelle en quelques semaines

kev

Merci pour l’étude. Ce que je constate c’est que de mon côté, grand vendeur de liens sponso via buzzea le PR n’a pas été touché. Une petite chute de trafic mais rien de bien important. Du coup il doit y avoir deux poids deux mesures…

Paul

Petite question idiote mais ou peut on trouver la liste des blogs vendeurs pénalisés ?

Lionel Miraton

Nous avons utilisé des services l’analyse des Backlinks de SeeUrank (en s’appuyant sur les API de Ahrefs et Majestic SEO) pour identifier les sites liant Buzzea, sur des ancres particulières. Cela étant dit, il est peut-être un peu tard. La majorité des sites ont surement retiré ces liens à présent.

Franck – RaDiance

Je reviens sur cet évènement après que Téliad et Rankseller aient été pénalisés à leur tour il y a à peine 2 semaines. Je suis vraiment étonné que Buzzea ait fermé le jour-même où la sanction a été annoncée publiquement. Ils écrivaient alors sur leur site, parmi les suggestions de recherche Google « buzzea racheté par Google ». Etant donné le ton humoristique et la créativité de cette page, mise en ligne le jour même, je me demande si en effet Google ne les aurait pas payé pour fermer. Pensez-vous que ce soit plausible ?

Amicalement,
Franck – RaDiance Conseil.

Lionel Miraton

J’en doute. Cela me semble contraire à la stratégie de Google. D’autant que Buzzea était une cible facile à cause de la signature sur les articles sponsorisés.