L’apparition de l’IA, les évolutions de l’algorithme Google, la Link Spam Update, l’annonce de SGE… ont une nouvelle fois rebattu les cartes du SEO. Comment rester à jour dans un secteur en permanente ébullition ? Passer des heures sur X (ex Twitter), cumuler les webinaires ? Elliott Bobiet, l’organisateur du SEO by Night, qui se tiendra les 28 et 29 février 2024, s’est posé la question et à imaginé un nouveau format de formations SEO. Éclairage. 

Le SEO by Night occupe une place à part dans le monde du SEO… Pouvez-vous nous rappeler comment est né le projet ? 

Elliott Bobiet : Le 1er SEO by Night a vu le jour en 2018. Je participais cette année-là au bootcamp de Laurent Bourrelly. Nous étions une cinquantaine d’élèves à explorer chaque mois un aspect du SEO. Pour le thème “cheval de Troie”, nous devions trouver une idée de site web susceptible de recevoir des liens de la presse ou des blogueurs. J’avais analysé que tous les sites qui recevaient des liens étaient soit des sites d’événements, comme le SEO Camp (devenu FePSeM), soit des sites d’outils, comme Semrush ou YOODA.

Développer un outil était exclu, j’ai donc créé la page d’un “faux” event SEO. À l’époque, tout le monde regrettait qu’il n’y ait plus d’événement “à l’ancienne”, avec des soirées conviviales. J’ai donc conçu la page d’un événement dans cet esprit… Et elle a reçu de nombreux liens. 

Quand j’ai présenté ça à Laurent Bourrelly il m’a dit : “Tu n’as plus qu’à faire un vrai event !”. C’est ce que j’ai fait ! Je n’avais pas de conférencier et je ne connaissais personne, même si Laurent m‘avait donné quelques noms. Plus tard, lors de la formation SEO High Level de Paul Sanches, j’ai dit à Paul que Laurent venait et m’avait assuré que lui aussi viendrait… J’ai dit de la même façon à chaque conférencier potentiel que tous les autres venaient… Et c’est comme ça que tout le monde s’est retrouvé à Orléans… 

Le SEO by Night 2024 prend la forme d’une journée complète de formation suivie d’une journée de conférences avec une soirée conviviale entre les deux. Pourquoi ce nouveau format ?

Elliott Bobiet : Dans sa version 2024, le SEO By Night répond aux enjeux cruciaux de la formation continue dans le SEO, tout en proposant un format innovant : un temps de formation, un temps de conférences et un temps d’échanges.Les conférences lors des events sont généralement dédiées à des études de cas et à la présentation de nouvelles techniques, mais on n’apprend pas à les maîtriser. Une formation en revanche permet d’aller dans le dur du sujet, de repartir en sachant faire. L’idée du SEO By Night est de mixer une journée où l’on apprend vraiment à faire : les Masterclass SEO ; et une journée de conférences : l’Événement SEO By Night..

Les Masterclass SEO du jeudi sont proposées sous le format 4 x 2 heures. Cela permet d’assimiler tout en restant digeste et permet d’étudier 4 approches dans une même journée, avec 4 lots d’intervenants différents. Ces Masterclass aborderont donc les différents aspects du SEO, à travers le prisme de la formation continue et donc de la mise à jour des connaissances en SEO

Par exemple, Sylvain Peyronnet et Frédérik Bobet traiteront d’architecture de sites et d’optimisation pour les bots, ainsi que des problèmes d’indexation dans le cadre de l’arrivée de l’IA et du déferlement de contenus. (voir tous les intervenants).Toutes les dimensions du SEO seront étudiées de près, que ce soit pour une agence, un consultant, un e-commerçant ou un référenceur, à travers des cours magistraux, des démonstrations concrètes et des ateliers pratiques. 

La soirée du mercredi soir, primordiale pour le networking, sera l’occasion de nouer des contacts. 

Le jeudi, l’Événement SEO By Night proposera un maximum de techniques avancées et retours d’expérience à travers 11 conférences. Les conférenciers comptent aussi bien des consultants et des référenceurs que des annonceurs comme Manomano ou Le Bon Coin, qui apporteront leur éclairage sur le SEO dans les très grosses structures. 

Pourquoi est-ce encore si compliqué de se former dans le SEO ?

Elliott Bobiet : Le SEO est un métier dans lequel il n’y a pas ou peu de formation initiale. Les Masterclass SEO répondent à un besoin que nous avons identifié dans la pratique. Jusqu’à récemment, il n’y avait pas vraiment de métier reconnu dans le SEO. Le consultant SEO était souvent vu comme un marabout en entreprise. On lui demandait des rapports et des tableaux mais on ne comprenait pas vraiment ce qu’il faisait.

Le métier correspondant est apparu très tardivement chez Pôle Emploi. Et quand on parle de référenceur à des responsables des ressources humaines, beaucoup n’ont encore jamais “croisé” ce poste. L’absence de formation initiale est aussi due au fait que l’Éducation Nationale a toujours deux ou trois ans de décalage minimum. Les diplômes reconnus proposés aujourd’hui ont été créés au plus tard en 2018-2019 et sont pour certains obsolètes.

Proposer un titre RNCP demande un an minimum. Si une formation au métier de référenceur avait été lancée en janvier 2022 ou même 2023, elle n’aurait pas parlé de ChatGPT… et serait déjà obsolète elle aussi. Un métier devient un vrai métier quand les entreprises le recrute et ne prennent pas que des consultants externes.Tant qu’il n’y avait pas une demande des entreprises et une demande des jeunes de venir dans le métier, celui-ci n’avait pas de réelle existence. 

Aujourd’hui le métier commence à se développer : les groupes recrutent des SEO en interne et on voit apparaître des licences, comme la licence de Mulhouse, des formations en écoles. Mais nous ne sommes selon moi qu’au début du métier de référenceur en tant que tel. 

Pourquoi le partage d’expériences (les fameux apéros SEO) est-il si important dans le SEO ?  

Elliott Bobiet : Le SEO est un métier que l’on peut difficilement faire dans son coin… Car en réalité même si on sait à peu près ce que Google attend, ce n’est pas dévoilé avec un mode d’emploi très exact. Cela reste du référencement naturel. On connaît à peu près 80 %, 90 % de l’algorithme Google – les grandes lignes – mais il a toujours des subtilités qui nous échappent.

Voir comment fonctionne le SEO dans d’autres secteurs d’activités donne des idées et c’est même la meilleure façon de faire évoluer les pratiques.

Il n’y a pas de mode d’emploi fixe dans le SEO, ni de règles immuables comme dans d’autres domaines. Le guide Google “comment faire un site efficace dans tel secteur” n’existe pas !

Consultant SEO, Ambassadeur YOODA et co-fondateur de l’agence Content Rank, Elliott Bobiet forme et conseille ses clients sur leur stratégie SEO globale, du On-site, au Off-site, en passant par l’analyse et l’amélioration des webperfs.

Comment optimiser un texte pour ranker rapidement ? Pour emmener votre article toujours plus haut dans le classement Google, il faut associer rigueur, curiosité, mais surtout garder le cap EEAT. L’optimisation SEO : mode d’emploi.

Sommaire
1. Pourquoi optimiser ses articles ? 2. Comment choisir les pages à optimiser ? 3. Comment optimiser un article ? 3.1. Étoffer le contenu 3.2. Structurer le texte 3.3. Ajouter images et vidéos uniques 3.4. Soigner méta-titre et méta-description 3.5. Mailler l’article 3.6. Utiliser avec finesse les outils d’optimisation

Pourquoi optimiser ses articles ?

Un article bien optimisé peut gagner rapidement des mots clés et du trafic. L’enjeu est de l’améliorer pour Google mais avant tout pour le lecteur.

Le principe à garder en tête en création comme en optimisation : l’EEAT. L’acronyme EEAT, pour Experience, Expertise, Authority, Trust, correspond aux quatres critères d’évaluation établis par les Quality Raters de Google. Optimiser un article revient finalement à chercher à augmenter son score EEAT.

Ces critères donnent une ligne directrice de conception et de rédaction d’articles qui pourrait se résumer ainsi : traiter le mieux possible son sujet, en pensant au lecteur. Pour Google, User First

Comment choisir les pages à optimiser ?

L’optimisation ne se fera pas dans le même esprit s’il s’agit d’une page produit ou d’un article de blog.

Optimiser des pages produits 

Optimiser les pages produits ne peut qu’améliorer leur visibilité, à condition de penser UX aussi

À garder en tête : 

À éviter à tout prix : 

Optimiser des pages de blog

Les pages d’un blog de marque permettent non seulement de développer les sujets sans trop de contraintes, d’UX notamment, mais d’enrichir l’environnement sémantique de votre site grâce à des sujets connexes. 

Si vous avez le choix : donnez la priorité aux pages déjà positionnées. Déjà lancées, elles ne pourront que progresser et vos efforts seront plus vite récompensés. Vous pourrez ensuite vous attaquer aux autres pages. Certaines pages transforment plus que d’autres parce qu’elles sont liées à des pages produits : favorisez-les ! 

Si votre page a déjà des mots clés et du trafic, ne modifiez pas le contenu : étoffez autour de l’existant. Et surtout conservez la même url. Il ne faut jamais changer un slug : le changer revient à changer l’adresse de votre page : il faudrait donc repartir de zéro. 

Pour capitaliser sur les mots clés et l’éventuel trafic déjà acquis. Il vous suffira de copier-coller le contenu complémentaire pour enrichir la page et accélérer son décollage.

Comment optimiser un article ?

L’optimisation comprend plusieurs dimensions : le texte lui-même, sa structure, la façon dont vous l’illustrer et les balises.

Étoffer le contenu 

L’enjeu ici : augmenter le nombre de mots de façon pertinente et stratégique.

Quelle est la longueur idéale pour un article ?

En termes de volume : visez au minimum 500 mots, 1000 – 1500 dans l’idéal. Vous pouvez aller un peu au-delà pour les sujets pointus. 

Ne cherchez pas cependant à faire du volume à tout prix : c’est la pertinence et la qualité du contenu qui seront récompensées. Regardez la taille des articles concurrents mieux positionnés : ils vous donneront un objectif à atteindre. 

Comment enrichir un article ? 

Identifiez ce que vous pouvez ajouter ou développer. Si vous manquez d’inspiration, observez les articles de vos concurrents. 

Penser intention de recherche

L’idée n’est pas de faire comme les concurrents, mais de faire encore mieux : essayez de développer un aspect qu’eux n’auront pas traité. Cette spécificité contribuera autant à l’Expérience qu’à l’Expertise exigées par Google. 

Pour rester sur les critères EEAT, n’hésitez pas à écrire à la lumière de votre expérience. Il ne s’agit pas de raconter votre vie, mais de valoriser un point de vue résultant de l’accumulation d’expérience, et une façon unique de traiter le sujet. 

S’aider d’une IA générative

Une IA générative comme ChatGPT peut : 

Plus le prompt sera précis, meilleur sera le résultat. Relisez-le attentivement cependant : l’IA s’égare de temps en temps.

Structurer le texte

Ajouter des titres et des listes à puces de façon judicieuse améliore le référencement, mais aussi la lisibilité et l’assimilation du contenu.

Structurer vous aidera aussi à clarifier vos idées. 

Ajouter images et vidéos uniques 

Images et vidéos contribuent à enrichir votre article et à répondre aux exigences de l’EEAT.

Une image originale, surtout une photo, véhicule expérience, expertise, et inspire confiance. Ici aussi l’IA peut vous aider : DALL-E ou MidJourney donneront forme à votre idée, à condition que le prompt soit bien formulé.

Nommer votre image avant de l’importer en incluant un mot-clé permettra sa lecture par le moteur de recherche. 

Pour les attributs Alt de l’image : rédigez des descriptions claires comprenant des mots clés pertinents par rapport au contenu de l’image. La vocation de l’attribut alt est de décrire l’image aux internautes malvoyants utilisant un lecteur d’écran. Pensez-y en rédigeant. 

Lorsque vous ajoutez une vidéo, pensez à l’accompagner d’une légende explicative, au-dessus ou au-dessous.

Soigner méta-titre et méta-description

Le meta-titre renseigne le moteur de recherche sur le sujet de votre page. Il doit comprendre votre mot clé principal.

À l’origine, la meta-description présentait le contenu de la page sur la SERP et apparaissait systématiquement comme extrait dans les résultats de recherche. On lui prêtait une vocation publicitaire : on considérait qu’elle devait interpeller et intéresser l’internaute pour lui donner envie de cliquer.

Les dernières mises à jour Google ont cristallisé son évolution : elle doit désormais refléter fidèlement le contenu de la page pour répondre à une intention de recherche

Google crée désormais des extraits à partir des contenus estimés les plus pertinents de la page : la meta-description n’est plus systématiquement affichée comme extrait.

La rédaction de la meta-description est en quelque sorte simplifiée : il suffit qu’elle résume le propos avec précision.

L’enjeu n’est plus que la meta-description soit suffisamment efficace pour faire cliquer, mais que la page elle-même soit suffisamment qualitative et pertinente pour émerger dans les résultats. 

Mailler l’article 

Le maillage contribue à la cohésion des contenus et la cohérence globale du site. Il forme un écosystème de pages cohérent dont Google est friand. Et incite l’internaute à l’explorer.

Maillage interne

Mailler votre article avec les contenus pertinents dont dispose déjà votre site, et n’hésitez pas à inclure une page produit qu’il s’agit d’un site marchand.

Le maillage doit rester léger pour avoir du sens et susciter l’intérêt. Un texte “truffé” de liens ne donne envie de cliquer sur aucun. 

Pour vous assurer de la cohérence du maillage, dressez un plan : listez vos url et organisez vos contenus en grappe. Vous verrez ainsi les liens logiques entre les articles.

Maillage externe

N’hésitez pas à ajouter quelques liens externes qui renforcent votre Expertise : vers un blog, un article de presse, une étude, un podcast sur le sujet.


Optimiser des articles existants permet de gagner des mots clés et du trafic mais aussi de travailler son image de marque. Proposer du contenu de qualité contribue à attirer les visiteurs, à les fidéliser, et renforcer votre crédibilité. 

Utiliser avec finesse les outils d’optimisation

Les outils d’optimisation peuvent vous donner des idées d’amélioration en se basant sur l’analyse du contenu des premiers résultats de la SERP, sur votre mot clé. Ils peuvent également vous éclairer sur des intentions de recherches, vous révéler à travers un mot-clé une intention de recherche que vous auriez négligée.

Ces outils sont toutefois à manier avec recul et précaution : ils peuvent -malgré eux- pousser l’utilisateur non averti à accumuler les redondances et à négliger la cohérence du discours.

Dans un premier temps, les outils pourront vous aider dans l’optimisation de vos contenus. Puis, une fois la technique d’optimisation acquise, vous pourrez les utiliser en dernière intention, pour peaufiner et procéder aux derniers ajustements, une fois le texte abouti. Une dernière validation en somme, avant d’appuyer sur “Publier” et ranker ! 

Dans The Last Town – une ville contre la Silicon Valley, Fabien Benoît, journaliste, auteur et documentariste, nous emmène au cœur de la Silicon Valley. Les trois épisodes dévoilent la réalité d’une petite ville ouvrière, encerclée par les entreprises de la tech, loin du monde meilleur promis par la Silicon Valley…

East Palo Alto : l’enclave des oubliés du monde meilleur de la Tech

C’est en étudiant la vision du monde des entrepreneurs de la Tech pour les besoins d’un livre (The Valley : une histoire politique de la Silicon Valley, 2019) que Fabien Benoît découvre East Palo Alto, petite ville de 30 000 habitants s’étendant sur moins de 7 km2, qui dénote au milieu des campus des géants de la Tech. Le documentariste donne tout de suite le ton : 

“Il y a ici comme un air de western. Imaginez que nous sommes dans une des régions les plus riches du monde : la Silicon Valley. Le Covid frappe la planète, et à East Palo Alto, à quelques pas des sièges de facebook et Google, on se bat pour survivre.”

La vie des petites mains de la Silicon Valley 

À travers le quotidien d’habitants emblématiques d’East Palo Alto, le documentariste dénonce le modèle très inégalitaire de la Silicon Valley

Laura, par exemple, vit à East Palo Alto avec ses deux enfants et se rend chaque jour à Menlo Park faire le ménage dans de luxueuses villas.

“Laura fait partie des oubliés du rêve de la Silicon Valley, ces petites mains indispensables au système que l’on entend jamais. La plupart sont sans papiers et ne veulent pas s’exprimer, de peur de perdre leur emploi ou d’être expulsé”.

Ruben, 70 ans révolus, maire historique de la ville fait d’autant plus figure d’ancien d’un monde presque révolu, qu’il écrit et colle encore ses affiches électorales à la main. 

Quant à Antonio, jeune homme d’origine mexicaine habitant Palo Alto et étudiant à Stanford, qui tente de concilier les deux mondes : défendre les intérêts de sa ville et sa fascination pour l’univers des géants du numérique

Contrastes et contradictions de la Silicon Valley

The Last Town dévoile l’empreinte des géants de la Tech sur le paysage et la société.

Décalage entre promesses et réalité

A Palo Alto comme ailleurs, le progrès ne profite pas à tous. Dans cette région, pourtant la plus riche du monde, 1/4 des habitants ont du mal à se nourrir. Les files d’attente aux soupes populaires sont longues.. 

On est loin de la grande communauté inclusive et égalitaire proposée par Mark Zuckerberg. Les cadres des grandes entreprises technologiques comptent moins de 1 % d’afro-américains et latino… Alors que ces mêmes populations représentent 60 % des cols bleus de la région.

Paupérisation et gentrification 

L’expansion territoriale des grandes entreprises de la tech ne fait qu’aggraver les inégalités. 

Facebook par exemple, avec ses près de 15 000 cadres, a subventionné l’installation de ses employés au plus près de son campus. S’en est suivi un effet de “colonisation” du territoire”, provoquant la hausse des loyers et des expropriations

Tout proche de Menlo Park, East Palo Alto est extrêmement convoité par les entreprises. Les loyers y deviennent progressivement complètement déconnectés des salaires de ses habitants historiques, obligeant les travailleurs les plus pauvres à s’installer toujours plus loin, et à faire chaque jour des trajets délirants pour aller travailler là où se trouve l’argent.

Privatisation des villes et conséquences sur le lien social 

Au fil des épisodes, la série documentaire met aussi en lumière la privation de pans entiers non seulement des villes de la Silicon Valley, mais aussi de la vie en société. Google Avenue, Facebook way, piscine Facebook, école Facebook…

Pourquoi regarder The Last Town ?

The Last Town montre une partie des conséquences locales, humaines et sociétales de l’expansion des géants de la Tech. Une sorte de contre-histoire de la Silicon Valley : l’histoire de ceux dont on n’entend jamais parler, mais dont elle ne peut se passer. 

Difficile de comprendre pourtant, l’ambivalence des habitants de Palo Alto face la Tech : certains apparaissent malgré tout si fiers que leurs enfants travaillent pour facebook ou d’avoir les plus grandes entreprises du monde au pas de leur porte. 

The Last Town – une ville contre la Silicon . À voir sur Arte Replay et sur Youtube

À l’ère de l’IA se pose chaque jour la question du droit d’auteur en ligne mais aussi du statut des créations digitales. Faciles à copier, reproduire, modifier, les créations numériques sont – par nature – constamment menacées, et l’anonymat de l’infraction souvent difficile à briser.

Comment protéger les créations digitales  ? Tour d’horizon des actions à envisager pour protéger ses créations cette année.

Sommaire
1. Création digitale et propriété intellectuelle 1.1. Protection par le droit d’auteur des créations numériques 1.2. La propriété industrielle : moyens de protection applicables aux créations digitales 2. Doit-on déposer ses créations à titre personnel ou au nom de son entreprise ? 2.1. Les créations visuelles figuratives 2.2. La protection d’un nom

Création digitale et propriété intellectuelle 

La propriété intellectuelle (PI) désigne un ensemble de droits légaux accordés aux créateurs pour protéger leurs créations. Ces droits confèrent aux détenteurs la possibilité d’exploiter commercialement leurs créations et de contrôler leur exploitation.

Le code de la propriété intellectuelle protège toutes les œuvres de l’esprit quel qu’en soit le genre, le mérite, la destination et la forme d’expression. Il couvre donc aussi les créations numériques (sites web, textes, images, logiciels, bases de données…), sous réserve d’en satisfaire les conditions de protection.

Dans le contexte digital, la protection de ces créations peut résulter :

Protection par le droit d’auteur des créations numériques

Pour qu’une création puisse être protégée par le droit d’auteur, celle-ci doit répondre à trois conditions :

Ces critères sont des conditions nécessaires et suffisantes pour que s’applique le droit d’auteur. La violation du droit d’auteur engage la responsabilité civile et la responsabilité pénale.

Les deux dimensions du droit d’auteur

L’article L111-1 du Code de la Propriété Intellectuelle prévoit que “L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d’ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d’ordre patrimonial (…).

Le droit moral consiste à protéger la personnalité de l’auteur à travers son œuvre. Il est perpétuel.

Les droits patrimoniaux permettent à l’auteur ou au titulaire de ceux-ci d’exploiter l’œuvre et d’en tirer profit.

Le droit d’auteur persiste au profit des héritiers et ce jusqu’à 70 ans après le décès de l’auteur. Passé ce délai, l’œuvre tombe dans le domaine public.

En France, le droit d’auteur n’est pas assujetti à des formalités d’enregistrement, mais certains outils peuvent permettre de donner date certaine à ses droits, tel qu’un dépôt E-Soleau.

 Mis en place en décembre 2016 par l’INPI, le service d’archivage en ligne e-soleau permet de déposer des fichiers numériques. Le but : établir la preuve d’existence d’une création à une date donnée et faire valoir son antériorité en cas de litige.

Sites, logiciels : quand s’applique le droit d’auteur ?

Dès lors qu’il y a création originale, le droit d’auteur peut s’appliquer, quelle que soit la forme de la création digitale. Sites web, textes, images, logiciels, bases de données peuvent être considérés comme des œuvres de l’esprit et être protégés par le droit d’auteur à condition de répondre aux trois conditions susmentionnées.

💡 Petite astuce si vous souhaitez protéger votre site du crawler du ChatGPT d’OpenAI : le code anti-crawler d’OpenAI.

Il suffit d’insérer dans le fichier robots.txt de votre site :

User-agent: GPTBot

Disallow: /

Il indique que le GPTbot d’Open AI n’est pas autorisé à parcourir vos pages. Et encore moins à se les approprier…

Le droit dit sui generis pour les logiciels et bases de données

Bases de données et logiciels peuvent relever de deux régimes de protection distincts : le droit d’auteur, lorsqu’ils répondent aux critères d’originalité pour leur structure, ou le droit dit sui generis pour leur contenu.

Ce droit sui generis prévoit une protection du contenu à condition que sa réalisation ait nécessité “un investissement substantiel”, financier, matériel ou humain. Il ne protège cependant pas tant les données elles-mêmes que ces investissements. L’intervention d’un professionnel de la propriété industrielle est nécessaire pour rassembler la documentation nécessaire, constituer le dossier et procéder au dépôt.

Les dépôts auprès de l’agence pour la protection des programmes (APP)

L’APP propose aux éditeurs d’œuvres numériques trois formes de dépôt des créations adaptés aux différents types d’œuvres numériques : sites Internet, logiciels, jeux vidéo, art digital etc.

À noter que ces dépôts permettent de donner date certaine à ses droits sur la création sans en constituer pour autant !

La propriété industrielle : moyens de protection applicables aux créations digitales 

Alternativement ou en complément, les dispositifs de la propriété industrielle permettent, par le biais d’un dépôt et d’un enregistrement de protéger divers actifs, y compris les créations digitales.

Il s’agit généralement de protéger des créations liées à l’industrie et au commerce, soit aux signes et éléments contribuant à l’identité et à la valeur de l’entreprise.

Enregistrement de marques

Le droit des marques permet de protéger divers éléments, que ce soit un nom, un logo, un visuel, un son ou un élément en 3D. Ainsi, appliqué aux créations digitales, le droit des marques est un outil crucial pour asseoir une protection solide, notamment pour :

En effet, une marque est protégée, sous réserve de son enregistrement, pour 10 ans et peut être renouvelée à l’infini.

Pour ce faire, il convient de s’assurer que le signe à protéger est notamment disponible et distinctif. L’accompagnement d’un professionnel de la propriété intellectuelle est fortement recommandé pour ce faire.

Réservation de noms de domaines

Les noms de domaine permettent également de se constituer des droits sur un nom, sous réserve de faire l’objet d’une exploitation effective.  

Un nom de domaine s’enregistre auprès d’un registrar, sur la base du “premier arrivé, premier servi”. L’enregistrement est nécessaire pour garantir l’exclusivité de l’utilisation d’une adresse web. Un nom de domaine peut être renouvelé de manière infinie.

Doit-on déposer ses créations à titre personnel ou au nom de son entreprise ?

Morgane Sanson, juriste au sein du cabinet MIIP – Made In IP, distingue trois cas de figure.

« La question est fréquemment posée de savoir à quel nom déposer sa création. Doit-on la déposer en son nom propre, au nom de sa société ? C’est une question cruciale et non sans conséquences qu’il convient d’envisager en amont.

Il convient pour ce faire de distinguer les différents types de créations.

Les créations visuelles figuratives 

Par principe, le titulaire de droits d’auteur sur des créations demeure être l’auteur initial, sauf stipulation contraire (dans un contrat de travail ou de commande, par exemple).

La question se pose notamment lorsque des sociétés font appel à des graphistes pour la création de leur identité visuelle, de leur logo, de leur interface graphique… Il convient de s’assurer dans ce cas que l’intégralité des droits leur soit cédée expressément pour envisager leur protection.

En effet, il convient de prévoir une cession de droits, mentionnant expressément les différents types de droits patrimoniaux cédés (droit de reproduction, de divulgation…) et le droit de déposer la création à titre de marque figurative ou de dessin et modèle, etc, C’est dans ce cas seulement que le cessionnaire peut s’emparer des droits patrimoniaux et procéder à des dépôts en son nom personnel (ou de la société cessionnaire, le cas échéant).

À noter que les droits moraux restent détenus par l’auteur des créations, en tout état de cause. Ces droits ne peuvent être cédés. Si le cessionnaire de droits devient titulaire de droits, l’auteur demeure le créateur initial. Cela a son importance notamment dans le cadre de dépôts probatoires (e-soleau, APP) dans lesquels le nom de l’auteur doit être mentionné, bien que les dépôts soient faits par les cessionnaires titulaires de droits. 

La question à se poser est de savoir qui détient les droits sur la création.

La protection d’un nom

Ici aussi, la question de savoir qui doit protéger le nom de son outil ou de sa société.

Dans le cas d’une personne physique ou d’un entrepreneur individuel, la question se pose peu, l’idéal est de déposer en son nom propre (à noter que celui-ci en est alors responsable sur ses biens propres). En effet, il convient de déposer sa marque, au nom de celui qui l’exploite. 

Dans le cas d’une société ou de l’activité d’une société, la question se pose davantage. 

S’il est question d’antérioriser sa protection, le dépôt peut être envisagé au nom du dirigeant, avant même que la société ne soit créée, pour s’assurer qu’un tiers ne déposera pas un tel nom en amont.

Si la société est en cours de formation, alors le dépôt doit être fait au nom du dirigeant pour le compte de la société en cours de formation. Une fois la société créée, la titularité de la marque devra être mise à jour, au profit du nom de la société seulement.

Si la société existe, il est préférable de protéger le nom de celle-ci ou d’un produit digital ou autre, au nom-même de la société. En effet, les marques entrent dans l’actif des sociétés et sont de véritables atouts financiers. En outre, si des preuves d’usage doivent être démontrées, elles doivent répondre des réalités juridique et factuelle, et donc refléter un usage au nom du titulaire. Si la marque est déposée au nom du dirigeant, un tel usage sera plus complexe à démontrer, dès lors que c’est la société elle-même qui l’exploite.

Ces hypothèses sont assez généralistes mais il peut exister des cas particuliers où des intérêts autres pourraient justifier de procéder autrement. « 

Pour plus d’informations, il est conseillé de consulter un professionnel qui pourra vous indiquer la meilleure stratégie à adopter !

La protection des créations digitales nécessite de considérer la création dans sa globalité, mais aussi chacun de ses éléments constitutifs. Le format digital rend la protection d’autant plus délicate que les copies et reproductions sont faciles. La moindre faille dans le dispositif de protection peut être exploitée, à des fins sinon malveillantes, toujours nuisibles. Le droit de la propriété intellectuelle est essentiel pour se forger une protection solide et essentielle.

En avril 2021, la Commission européenne a rendu public son projet de réglementation sur l’intelligence artificielle, l’AI Act (Artificial Intelligence Act). La base d’une discussion qui devait durer plusieurs années, bousculée par l’irruption de nouvelles IA, comme le ChatGPT d’OpenAI. 

Ce projet a aboutit le 9 décembre à un accord sur l’encadrement de l’IA : l’IA Act a enfin pris forme et devrait entrer en vigueur en 2026. 

Sommaire
1. L’IA Act : pourquoi c’est important ?  2. Pourquoi l’Europe veut réglementer l’IA ? 3. L’IA Act : gardien des droits fondamentaux  4. IA ACT : l’évaluation des risques liés à l’IA 5. Quelques questions que pose l’IA Act 6. Encadrer les usages de l’IA plutôt que les systèmes

L’IA Act : pourquoi c’est important ? 

L’IA Act est la première loi globale sur l’IA au monde : un accord qualifié d’historique par le Commissaire européen Thierry Breton.

La première loi globale sur l’IA au monde 

Il existe des éléments de réglementation en Chine et aux États-Unis, mais il s’agit du premier règlement portant sur tous les aspects de l’IA.

Il constitue la première étape formelle d’une démarche qui va encore s’inscrire sur plusieurs années, jusqu’en 2026.

Une approche culturelle originale 

L’IA Act est un texte marqué par la culture européenne, élaboré en fonction des valeurs européennes. Il identifie et encadre des risques, pour la démocratie et dignité humaine par exemple, qui ne seraient pas considérés de la même façon aux Etats-Unis… et encore moins en Chine.

Pourquoi l’Europe veut réglementer l’IA ?

Le texte de loi de l’IA Act explique que l’utilisation de l’intelligence artificielle peut être profitable sur les plans sociaux et environnementaux et donner des avantages concurrentiels aux entreprises européennes… mais aussi générer de nouveaux risques, aux conséquences négatives pour la société. 

Avec cette loi, l’UE veut s’assurer que les systèmes d’IA développés et utilisés en Europe soient sûrs, transparents, non discriminatoires et respectueux de l’environnement

L’IA Act répond à un double objectif : 

L’IA Act : gardien des droits fondamentaux 

Ces mesures visent à remédier aux difficultés posées par l’opacité, la complexité, les biais, le degré relatif d’imprévisibilité et le comportement partiellement autonome de certains systèmes d’IA. La loi vise à faire en sorte que ceux-ci soient compatibles avec les droits fondamentaux et à faciliter l’application de l’ensemble des règles qu’elle édicte. 

Dans ce contexte politique, la Commission présente la proposition de cadre réglementaire relatif à l’IA dont les objectifs spécifiques sont les suivants :

La Commission prévoit la création d’un Comité européen de l’intelligence artificielle afin de coordonner toutes ces mesures.

IA ACT : l’évaluation des risques liés à l’IA

Le texte de loi concerne la mise sur le marché, la mise en service et l’utilisation des systèmes d’IA, en fonction des risques qu’elles représentent. 

Ce qui définit le risque : l’usage auquel le système d’IA est destiné. 

IA ACT : les 3 niveaux de risque 

Par le mot “risque”, le dispositif entend : risques pour les droits humains, biais cognitifs et discrimination essentiellement. 

Le règlement distingue 3 niveaux de risque de l’utilisation de l’IA : 

En résumé : 

Systèmes d’IA “à risque inacceptable” : les pratiques interdites 

Les systèmes d’IA considérés comme présentant des risques inacceptables pour les droits fondamentaux des citoyens sont les systèmes intrusifs, discriminatoires et représentant une menace pour les personnes. Ils sont interdits.

Elle compte par exemple les systèmes d’IA impliquant :

Systèmes d’IA “à haut risque”

La loi vise ici deux grandes catégories de systèmes d’IA à haut risque :

Sont concernés notamment :

Quelles exceptions pour la catégorie “à haut risque” ? 

Le paragraphe 67 du texte de loi explique que les systèmes “à haut risque” doivent faire l’objet d’une autorisation avant leur mise sur le marché et pour pouvoir afficher le marquage CE. 

Une certaine ambiguïté du dispositif survient cependant au paragraphe suivant : 

Dans certaines conditions, la disponibilité rapide de technologies innovantes peut être cruciale pour la santé et la sécurité des personnes et pour la société dans son ensemble. Il convient donc que, pour des motifs exceptionnels liés à la sécurité publique, à la protection de la vie et de la santé des personnes physiques et à la protection de la propriété industrielle et commerciale, les États membres puissent autoriser la mise sur le marché ou la mise en service de systèmes d’IA qui n’ont pas fait l’objet d’une évaluation de la conformité.

La loi prévoit donc des exceptions, dont les contours et conditions sont encore mal définis.

Les contraintes en résumé 

Les exigences pour les systèmes d’IA à haut risque

La loi évoque différents types d’exigences : 

Système d’IA à risque minimal 

Cette catégorie comprend les systèmes d’IA qui présentent un risque minime ou nul pour les droits ou la sécurité des citoyens. Ils sont exonérés de toute obligation. Les entreprises peuvent néanmoins s’engager à respecter un code de bonne conduite pour les encadrer. Ces codes de conduite sont facultatifs. 

Dans cette catégorie : des filtres anti-spam, jeux vidéos…

Quelques questions que pose l’IA Act

Peut-on concilier réglementation et innovation en matière d’IA ? 

Deux courants de pensée se distinguent sur la question : 

Ceux qui pensent que trop réglementer risque de freiner l’innovation et d’empêcher l’émergence et le déploiement de “champions de l’IA” comme Mistral en France ou Aleph Alpha en Allemagne. 

Ceux qui estiment à l’inverse que la loi favorise le développement d’innovations plus vertueuses, sans freiner l’innovation elle-même.

Le dispositif prévoit tout de même des bacs à sable réglementaires : des espaces d’expérimentation. 

“… un environnement contrôlé qui facilite le développement, la mise à l’essai et la validation de systèmes d’IA innovants pendant une durée limitée avant leur mise sur le marché ou leur mise en service conformément à un plan spécifique.”

L’IA Act sera-t-il encore d’actualité en 2026 ?

La proposition initiale de règlement sur l’intelligence artificielle (RIA) a été publiée le 21 avril 2021. Or les systèmes d’IA génératives “générales”, comme ChatGPT n’existaient pas à l’époque. Les applications qui en découlent sont donc déjà passées entre les mailles du filet du projet de loi initial… Où en sera le développement de l’IA dans 2 ans ?

À qui revient le poids réglementaire dans le cas de l’utilisation de modèles d’IA ?

Une IA peut être développée à partir d’un modèle conçu hors Union Européenne : le GPT d’OpenAI par exemple. Qui sera concerné par la loi : celui qui développe un nouveau système d’IA se basant sur un modèle conçu ailleurs ? Celui qui développe le modèle sera-t-il aussi forcé de s’y plier ? Quelles conséquences en cas de décalage éventuel ? 

La transparence est-elle possible ? 

Un algorithme comme celui de ChatGPT intègre 100 milliards de paramètres : difficile de garantir la transparence dans ces conditions

Encadrer les usages de l’IA plutôt que les systèmes

L’IA Act tente de donner une définition de l’IA unique et à l’épreuve du temps : une grande ambition étant donné son rythme de développement actuel. 

Tout comme le DSA et le DMA, l’adaptation à l’’IA Act aura sans doute aussi un coût pour les éditeurs de solution… Plus facile à supporter pour les très gros acteurs que pour les petits acteurs du secteur.Les experts s’accordent à dire qu’il va surtout falloir encadrer les usages de l’IA, même à risque modéré… L’IA Act invite à remettre plus que jamais l’intelligence humaine au cœur de l’intelligence artificielle.

Sommaire
1. Pourquoi créer un blog de marque ? 2. Comment créer un blog de marque en 2024 ? 3. Conseils pratiques pour alimenter son blog de marque

On lit souvent que les blogs sont morts, asphyxiés par les réseaux sociaux, qu’une vidéo vaut mieux qu’un long texte. Mais faut-il vraiment enterrer les blogs de marque à l’heure où le SEO est devenu une affaire d’EEAT ? Ce serait passer à côté de bien des opportunités. 

Pourquoi créer un blog de marque ?

Loin d’être accessoire, le blog est précieux. Qu’on soit un e-commerçant, entreprise ou indépendant … Le blog constitue une excellente façon de travailler son SEO et son image de marque.

Enrichir l’univers sémantique du site

Publier des articles de blog pertinents permet d’enrichir naturellement l’autorité sémantique d’un site. Chaque page constitue une chance de gagner des mots clés et du trafic, à condition qu’elle soit de qualité et de bien choisir ses sujets. 

Miser sur l’EEAT

Chaque publication offre une occasion d’améliorer son score EEAT aux yeux de Google : de prouver son expérience, de démontrer son expertise, de faire preuve d’autorité et d’inspirer confiance, à Google, comme aux lecteurs. Chaque article bien pensé vous aidera à vous imposer comme expert dans votre domaine, aux yeux de Google comme des lecteurs. 

Ranker sur Discover

Avoir un blog régulièrement mis à jour, avec des articles de qualité, c’est vous offrir la possibilité de ranker sur Discover, le flux de contenus personnalisés proposés par Google. Certes, il faudra se plier à quelques contraintes : avoir un site rapide et mobile friendly, faire apparaître le nom des auteurs des articles ainsi qu’une petite bio mais le jeu en vaut la chandelle, car les bonds de trafic sur un article mis en avant sur Discover peuvent être impressionnants. Un gain de trafic qui pourrait rapidement se traduire en gain de CA si vous êtes e-commerçant.

Travailler son image de marque 

Chaque publication est aussi l’occasion de travailler son image de marque dans la durée. C’est pour la marque une prise de parole qui contribue à renforcer la proximité avec sa cible, à la convaincre de son expertise. Plus les sujets feront écho à leurs préoccupations, plus votre marque augmentera sa côte dans leur estime.

Créer un contenu aussi intéressant que désintéressé revient à offrir quelque chose gratuitement… Ce qui est toujours appréciable pour celui qui reçoit, et atteste de la considération de la marque pour ses utilisateurs. Les articles de blog sont aussi un moyen d’incarner les valeurs de l’entreprise et de rassurer le client ou prospect.

Avoir du contenu à relayer sur vos réseaux sociaux

Pour entrer en communication avec sa cible, une marque a besoin de contenu, c’est le noyau central de l’inbound marketing. Et le blog vous l’offre sur un plateau ! Sur les réseaux, plus on communique, plus on est visible. Au-delà du site, le blog offre matière à publication sur les réseaux sociaux de votre marque (Linkedin, X, Facebook, Instagram…). Déroulant le cercle vertueux, ces derniers apportent du trafic qualifié (les abonnés) au blog.

Fidéliser sa cible

Valoriser les articles du blog dans une newsletter est aussi un moyen de fidéliser lecteurs, prospects et clients. Et rien ne vous empêche d’y adjoindre de temps en temps un code promo en CTA pour remercier vos abonnés, dans le cas d’un site e-commerce.

Comment créer un blog de marque en 2024 ?

Créer un blog demande un peu d’organisation, des idées et une vision. Mais cela reste quelque chose d’assez accessible.

L’architecture du blog 

Si votre site existant n’a pas de fonctionnalité de blog intégrée, choisissez une plateforme de blogging qui peut être facilement intégrée à votre site, comme WordPress.

Si vous souhaitez ajouter un blog à un site de e-commerce, sachez que la majorité des CMS e-commerce (Shopify, Prestashop, etc.) proposent un module blog intégré. Il suffit de créer les articles, définir leur date de visibilité, les organiser. 

Vous devrez vous assurer que votre blog est bien intégré avec votre site e-commerce, permettant aux visiteurs de passer facilement de la lecture d’un article à l’achat d’un produit. 

Dans tous les cas, un blog de marque doit être responsive et pouvoir être lu facilement sur un téléphone mobile. 

Afin d’évaluer ses performances, vous devrez y intégrer des outils comme Google Analytics ou Matomo pour suivre la performance de votre blog.

Le contenu du blog 

La ligne éditoriale 

Avant toute chose, définissez la ligne éditoriale du blog : son ton, ses cibles, les thématiques qui y seront abordées (qui correspondront aux catégories que vous devrez paramétrer dans votre CMS) et listez l’ensemble des sujets que vous pourriez aborder.

Le planning éditorial

Pour vous aider dans la gestion et la planification des contenus, créez un planning éditorial sous forme de tableau, avec au minimum les colonnes : 

Sa mise en place vous permettra de garder les idées claires sur vos sujets, de ne pas vous essouffler et de vous assurer de bien cibler tous vos personas. Il vous facilitera le maillage interne également.

Alternez sujets chauds et sujets froids ou sujets de fonds et sujets pratiques. Vous toucherez ainsi une cible plus large, maintiendrez vos lecteurs réguliers en éveil, et faciliterez un maillage interne et externe efficace.

Le maillage interne 

Penser grappe sémantique pour le maillage et la cohérence globale. Concrètement, cela consiste à créer un ensemble de contenus cohérents, reprenant votre cheminement de pensée et permettant un maillage naturel entre les pages. Le principe étant d’explorer une idée, et de la traiter si possible de façon exhaustive.

Chaque page de blog offre de nouvelles possibilités de maillage interne, et donc de circulation du jus SEO au sein du site. Dans le cas d’un site marchand, un maillage judicieux avec les pages produits contribuera à augmenter leur visibilité et donc le chiffre d’affaires qu’elles vont générer !

L’article illustré ci-dessus traite d’un sujet informatif : l’intérêt de mettre des vêtements à son chien lorsqu’il fait froid. Son contenu renvoie à la fois vers des pages de catégorie “Vêtements pour chiens”, “Pull pour chien” et vers des pages de produits à fort potentiel (veste avec de la fourrure intégrée, veste imperméable). Il maille également un autre article du blog sur les tendances mode canine.

Conseils pratiques pour alimenter son blog de marque

Quelques bons réflexes vous permettront de maîtriser l’art de publier avec pertinence et régularité.

Comment trouver des sujets pour un blog de marque ? 

Répondez aux préoccupations de vos lecteurs (comment mieux utiliser vos produits), donnez des conseils supplémentaires pour le confort de vos utilisateurs, racontez l’expérience d’un client ou la vôtre…

En cas de panne d’inspiration, vous pouvez toujours tenter de interroger ChatGPT, ou tout simplement de vous inspirer de ce que font vos concurrents avec un outil comme YOODA One qui analysera les mots clés à privilégier.

Explorez toutes les dimensions de vos pages : une “simple” page produit est une source riche de sujets à exploiter. Privilégiez en premier lieu les sujets qui vous inspirent : c’est sans doute ceux que vous traiterez le mieux. Tournez autour du sujet, élargissez le point de vue, faites un pas de côté. Votre univers est forcément riche : explorez-le. 

Comment utiliser l’IA pour son blog de marque ? 

Pour les textes

L’IA générative, ChatGPT par exemple, peut vous donner des idées de sujet, mais aussi vous aidez à rédiger vos articles. Pour des résultats satisfaisants toutefois : utilisez l’IA en expert de votre sujet. Vérifiez la cohérence du propos, la justesse des informations, et relisez très attentivement. IA ou non, misez sur l’EEAT. Documentez vos propos, interrogez des experts, faites part de votre expérience : le but est d’apporter de la valeur ajoutée – votre valeur ajoutée – aux lecteurs.

Pour les illustrations

La génération d’images par l’Intelligence Artificielle donne des résultats parfois bluffants. Vous pouvez utiliser DALL-E 3, intégré à Chat GPT + et au moteur de recherche Bing de Microsoft, Midjourney, Adobe Firefly… Mais comme pour les textes, soyez conscients des limites des images générées par l’IA. Prenez soin de vérifier les images et d’y apporter quelques retouches, si nécessaire. 

Quelle longueur pour un article de blog ? 

Peu importe la longueur tant qu’il est pertinent. Traiter un sujet de façon exhaustive exige néanmoins un certain nombre de mots. Pour vous faire une idée de la longueur minimum d’un article, regardez le nombre de mots des premiers liens de la SERP sur le mot-clé visé. En général, il faudra compter entre 500 et 2000 mots, selon l’exigence du sujet. Au-delà de 2000 mots, vous risquez de perdre vos lecteurs. C’est scientifiquement prouvé : ce qui est long se lit mieux sur papier.

Quelle structure pour un article de blog de marque ?

Idéalement, comptez deux parties minimum (h2) et des sous-parties (h3, h4) qui facilitent la lecture et clarifient le propos. Renseignez bien les balises afin de guider Google dans sa lecture. Et pour vous faciliter la tâche et assurer la qualité du résultat : rédiger le plan avant de vous lancer.

À quel rythme publier sur un blog de marque ? 

Pour attirer l’attention de Google comme de vos lecteurs, il faut publier régulièrement. Une fois par mois peut déjà donner de bons résultats. Si vous pouvez faire plus, c’est encore mieux. Mais veillez à jouer la carte de la régularité. C’est ce qui compte aux yeux de Google. Mieux vaut 1 article par semaine pendant un mois qu’un article par jour pendant 4 jours puis aucune activité le reste du mois. 

Faut-il ouvrir les commentaires sur un blog de marque ? 

Donner la parole aux lecteurs permet d’ouvrir le dialogue mais aussi de trouver de nouvelles idées de sujets. C’est également un bon moyen de renforcer la relation de proximité avec vos clients et prospects. Quoi qu’il en soit, si vous choisissez de permettre à vos lecteurs de commenter, prenez soin de répondre à chaque intervention et pas seulement aux commentaires qui pourraient s’avérer critiques. 

Un bon article de blog prendra très vite des mots clés, du trafic et contribuera à vous apporter des visiteurs intéressés et du business ! Plus les articles seront qualitatifs, meilleurs seront les résultats. Et ceux-ci sont parfois très rapides et impressionnants.

Exemple d’un article publié sur un blog de marque ayant gagné en quelques semaines 275 mots clés et 264 de trafic.

Loin d’être has-been, le blog offre à un site des possibilités infinies de ranker. Et semble avoir encore de beaux jours devant lui.

Aitana Lopez a déjà 204 k followers sur Instagram et plus de 3000 sur TikTok depuis son premier post en juillet. Pourtant, Aitana n’existe pas. Cette influenceuse a été créée par IA par une agence d’influence espagnole… qui semble ne pas douter un seul instant de la légitimité de son projet.

Table des matières
1. Une influenceuse peu capricieuse ! 2. Des réactions parfois surréalistes 3. Les limites de la création de faux influenceurs 4. Un fake bien orchestré ?

Une influenceuse peu capricieuse !

The Clueless se présente comme “une agence de mannequins d’IA qui sélectionne avec soin des mannequins réfléchis et durables qui représentent magnifiquement diverses personnalités et qui prennent d’assaut le monde virtuel.”

Sur son site Internet, l’agence The Clueless présente fièrement sa création, dans ce qui pourrait ressembler à un prompt pour IA : 

Aitana Lopez est une femme forte et déterminée, indépendante dans ses actions et généreuse dans sa volonté d’aider les autres. Avec audace et authenticité, elle relève les défis et exprime son opinion sans réserve, bien que son humour compliqué et son égocentrisme rendent parfois difficile l’obtention d’un sourire, ce qui témoigne de sa complexité. En tant que créatrice de contenu, elle brille par son extraversion, attirant l’attention par son caractère frappant. En tant que Scorpion passionné, elle met en avant son amour pour les jeux vidéo et son dévouement pour le fitness, ce qui témoigne de son intensité et de l’attention qu’elle porte à son bien-être physique.

L’agence nous présente un cliché de “femme fantasmée”. Et ça marche ! 

Des réactions parfois surréalistes

Début décembre, Aitana avait déjà 204k followers sur Instagram et plus de 3000 sur TikTok et plusieurs centaines de commentaires sous chaque posts. Elle génèrerait près de 10 000 € par mois grâce à ses différents partenariats, ce qui ferait d’elle une influenceuse compétitive. 

L’agence voudrait nous faire croire que son succès réside moins dans son physique avantageux et ses tenues très légères que dans sa force de caractère.

Aitana suscite tout de même beaucoup beaucoup de commentaires enthousiastes d’abonnés masculins… 

Parmi les followers on trouve : 

Commentaires issus du compte Instagram @fit_aitana

Les limites de la création de faux influenceurs

L’agence d’influence aurait envisagé la création d’influenceurs via l’intelligence artificielle « pour ne pas avoir à dépendre d’autres personnes qui ont des egos, des manies ou qui cherchent simplement à gagner beaucoup d’argent en posant ». Pour ne plus avoir à gérer d’humains en somme : trop humains, pas pratiques. L’avantage de l’influenceuse artificielle : on peut facilement lui faire dire et porter à peu près n’importe quoi, sans le moindre contrat. 

Ce n’est pas tant les influenceurs humains qui devraient s’inquiéter de cette concurrence artificielle que les (prétendues) marques partenaires et l’agence en question. En effet, la démarche va complètement à l’encontre de l’authenticité recherchée avec le contenu généré par les utilisateurs

“Notre objectif est de transcender le domaine conventionnel du mannequinat et d’ouvrir la voie de l’influence, en inaugurant une nouvelle ère caractérisée par l’authenticité, l’impact et le sens profond.” Le dévouement au fitness, signe universel d’intensité ?

L’authenticité reste difficile à trouver dans ce projet. Et l’agence a malencontreusement omis l’influence néfaste que peut avoir ce genre de création sur les plus jeunes, dont l’image du corps idéal est fortement influencée par les réseaux sociaux. 

Un fake bien orchestré ?

Est-ce là un fake bien orchestré ? On attend avec impatience la révélation d’une expérience sociétale cherchant à mettre en avant les dérives de l’AI lorsqu’elle se veut plus vraie que nature. En attendant, Aitana a déjà fait des émules dans l’hexagone, telle Anne Kerdi, cette influenceuse tourisme créée par IA.

Ce cas pose la question de la place de l’IA dans les univers virtuels : Instagram, TikTok, mais aussi les sites de rencontres, voire le circuit RH.… La porte à de nouvelles sortes d’escroqueries pourrait bien être ouverte. Si vous êtes contacté par un humain trop parfait, méfiez-vous !

Pour tenter de mettre fin aux quasi-monopoles des géants du numérique et restaurer une certaine équité entre les acteurs du web, l’Union Européenne a déployé un nouveau règlement : le Digital Markets Act, ou DMA. Cette loi signe-t-elle la fin du monopole des géants d’Internet en Europe ? 

Table des matières
1. Qu’est-ce que le DMA ? 2. Quel est le but du DMA ? 3. Les principales obligations contenues dans le DMA 4. Que change le DMA pour nous, utilisateurs ? 5. Les questions que posent le dispositif

Qu’est-ce que le DMA ?

Comme le Digital Service Act un peu plus tôt, le DMA vise à réguler Internet, en Europe en tout cas. Pour schématiser : le DSA régule les contenus et leur diffusion, le DMA les plateformes et leur fonctionnement. 

Mis au point par les commissaires européens Thierry Breton et Margrethe Vestager, le DMA repose sur 24 obligations et interdictions à laquelle les acteurs désignés par la Commission européenne devront se conformer avant mars 2024. 

Le but de nouvelles règles : restaurer une concurrence plus saine entre tous les acteurs du web et préserver les utilisateurs de la dépendance aux services.

En cas d’infraction, les contrevenants risquent une amende pouvant aller jusqu’à 10% de leur chiffre d’affaires mondial, et jusqu’à 20% en cas de récidive. 

Les 3 dates clés du DMA :

Quel est le but du DMA ?

Pour rétablir plus d’équité entre les acteurs du web, le DMA vise les grandes plateformes occupant une position dominante sur le marché numérique, désignées comme gatekeepers, ou contrôleurs d’accès, par la Commission Européenne. Ce terme traduit leur domination du marché : ces acteurs étant devenus des “passages obligés” d’Internet, pour les utilisateurs comme pour les plus petites entreprises.

Ce que leur reproche la Commission Européenne :

La loi explique : “Certains de ces fournisseurs exercent un contrôle sur des écosystèmes de plateformes entiers au sein de l’économie numérique et sont structurellement extrêmement difficiles à concurrencer ou à contester par des opérateurs du marché existants ou nouveaux, indépendamment de leur degré d’innovation et d’efficacité”. 

Un dispositif qui chiffre la domination du marché numérique 

La Commission a désigné comme gatekeepers les plateformes répondant aux critères suivant  

Le texte de loi justifie ces 3 caractéristiques : “Dans de nombreux cas, cette combinaison de caractéristiques des contrôleurs d’accès est susceptible de mener à de graves déséquilibres en matière de pouvoir de négociation, et donc à des pratiques et conditions déloyales à l’égard tant des entreprises utilisatrices que des utilisateurs finaux de services de plateforme essentiels fournis par ces contrôleurs d’accès, au détriment des prix, de la qualité, du choix et de l’innovation dans ce domaine”.

Les entreprises désignées comme gatekeepers par le DMA

Sans trop de surprise, le dispositif vise Alphabet (Google), Amazon, Apple, Meta (Facebook), Microsoft, ByteDance (Tik-Tok).

Les services concernés :

Facebook, Instagram,TikTok, LinkedIn, Whatsapp, Messenger, Google Maps, Google Play, Google Shopping, Google Search, Youtube, Amazon, Meta Marketplace, App Store, Chrome, Safari, Google Android, iOS, Windows PC, OS, Booking.com, Spotify…

Les principales obligations contenues dans le DMA

Le plateformes désignées devront : 

Elles ne pourront plus :

Le dispositif prévoit aussi des obligations d’audit et de transparence notamment. 

“Dans les six mois suivant sa désignation conformément à l’article 3, un contrôleur d’accès soumet à la Commission une description, devant faire l’objet d’un audit indépendant, de toutes les techniques de profilage des consommateurs qu’il applique dans le cadre de ses services de plateforme essentiels recensés en application de l’article 3. Cette description est mise à jour au moins une fois par an.

(…)

La Commission peut, par simple demande ou par voie de décision, demander aux entreprises et associations d’entreprises de fournir tous les renseignements nécessaires, y compris aux fins de contrôler, de mettre en œuvre et de faire respecter les règles prévues par le présent règlement. La Commission peut également demander l’accès aux bases de données et algorithmes des entreprises, ainsi que des explications les concernant, par simple demande ou par voie de décision.”

Que change le DMA pour nous, utilisateurs ? 

Le DMA devrait changer un peu notre quotidien en ligne avec :

Les questions que posent le dispositif

Comment la sécurité des données pourrait-elle être assurée dans le cadre de l’interopérabilité ?

Les données n’étant pas sécurisées de la même façon d’une plateforme à l’autre, on peut, en tant qu’utilisateur s’interroger quant aux risques de fuites.

Quelle répercussion sur les SERP et la visibilité des plus petits acteurs du marché ?

Jusqu’à présent, les fiches Google Business Profile et Google Maps jouaient un rôle important pour le référencement local. Or, en principe, l’utilisation de services Google ne pourra plus être favorisée, même dans Google. Les fiches Google Business Profile pourraient donc perdre en visibilité.

En réglementant la présence sur le web des grands acteurs, le DMA pourrait donc avoir des répercussions sur la visibilité des plus petits, mais aussi sur la façon dont ces derniers doivent désormais la travailler, au-delà de l’EEAT

Enfin, on peut se demander si le dispositif laissera réellement leur chance aux plus petits acteurs tant les grands ont pris de l’avance et créé des habitudes bien ancrées chez les utilisateurs.

La plus grande nouveauté révélée au DevDay Open AI le 6 novembre 2023 ? Les GPTs. Le jour même, OpenAI annonçait sur son site le lancement des GPTs, ou CustomGPT et leur commercialisation sur le GPTStore. L’agent conversationnel du laboratoire américain peut désormais faire des petits… à l’infini.

Table des matières
1. Les GPT : qu’est-ce que c’est ? 2. À quoi peuvent servir les GPT ?  3. Comment créer un GPT ? 

Les GPTs : qu’est-ce que c’est ?

Les GPTs sont des agents conversationnels sur-mesure, que l’on peut créer soi-même pour répondre à un besoin spécifique.

Vous pouvez désormais créer des versions personnalisées de ChatGPT qui combinent des instructions, des connaissances supplémentaires et n’importe quelle combinaison de compétences, explique OpenAI dès la présentation des GPT.

Avec les GPTs, on passe d’un chatbot IA à usage général à des assistants IA personnalisés et spécialisés. Les deux cohabitant toutefois au sein de votre interface ChatGPT.

Au cœur de ces GPTs personnalisés : GPT-4 Turbo, la dernière version de ChatGPT dotée de connaissances mises à jour jusqu’en avril 2023, et ajoutant l’analyse visuelle et la synthèse vocale de DALL-E 3 aux possibilités initiales du modèle. Les GPTs peuvent faire à peu près tout ce dont sont capables les IA accessibles au grand public aujourd’hui.

Les spécificités des GPTs

Mais qu’est-ce qui fait le succès des GPTs ? 

À quoi peuvent servir les GPTs ? 

La vocation de ces assistants conversationnels personnalisés : accomplir des tâches spécifiques. Ces versions du chatbot s’adressent aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. Voici quelques exemples de GPTs.

Dans la sphère privée :

Dans la sphère professionnelle, votre assistant sur mesure-peut par exemple vous aider à :

Vous pouvez créer un assistant virtuel pour à peu près tout, pour des tâches qui nécessitent un brassage d’informations spécifiques comme pour des tâches simples qui nécessitent une recherche ou des tâches un peu plus fantaisistes. Vous pourrez aussi utiliser des plug-in créés par d’autres dans le GPT Store dont l’ouverture est annoncée pour janvier. Il suffit de trouver le plug-in adapté à votre besoin (il existe certainement déjà) et de lui communiquer les infos nécessaires. Par exemple, pour organiser votre prochain séjour à Stockholm.

Encore faut-il s’y retrouver cependant dans la multitude de plug-in disponibles pour une même utilisation. Aucun système de notation ne permet pour l’instant d’évaluer leur qualité.

Comment créer un GPT ? 

Créer un GPT est simple. Très simple. La condition : avoir un compte GPT Plus.

  1. Connectez-vous et accédez à la section « Explorer » où se trouvent les applications GPT. 
  2. Cliquez sur ‘Créer mon GPT’ et formulez votre demande au GPT Builder : décrivez la mission de votre GPT de façon aussi claire, précise et concise que possible.
  3. Affinez : ChatGPT posera des questions. Vos réponses l’aideront à affiner sa proposition.   
  4. Le GPT créé apparaît sur la droite de l’écran. Testez et personnalisez.
  5. Sauvegardez. Vous pouvez garder votre GPT privé ou le partager.

Open AI affirme que l’utilisateur reste maître de ses données. L’utilisateur a notamment la possibilité d’exclure sa création de l’entraînement des modèles. 

Si le principe consiste dans la plupart des cas à enregistrer ses prompts les plus couramment utilisés, OpenAI propose un nouveau support de créativité. 

Nous pensons que les TPG les plus incroyables viendront des créateurs de la communauté. Que vous soyez éducateur, coach ou simplement quelqu’un qui aime construire des outils utiles, vous n’avez pas besoin de savoir coder pour en créer un et partager votre expertise.” Avec les GPTs, OpenAI revient à une approche communautaire du développement de l’IA. Les agents conversationnels sur-mesure peuvent être mis à disposition de la communauté, il sera néanmoins possible de les monétiser, via le GPT Store. Avec ce concept, OpenAI pourrait devenir l’App Store de l’IA

Au-delà de l’intérêt financier personnel, ChatGPT peut réellement se rendre utile, comme dit OpenAI, d’une nouvelle façon. Nous l’avons par exemple testé pour créer un Love notes Avent Calendar, qui pourrait être publié, monétisé afin de récolter des fonds pour le Téléthon. Ou simplement motiver les collaborateurs en période de fêtes !

Face au développement exponentiel de l’IA, une proposition de loi visant à encadrer l’intelligence artificielle par le droit d’auteur a été déposée à l’Assemblée Nationale le 12 septembre 2023 par le député Guillaume Vuilletet. 

Pour Vincent Terrasi, expert en IA et co-fondateur de Draft And Goal, une solution clé en main pour intégration d’IA en entreprise, le sujet mérite d’être traité, mais pas forcément dans ce sens…

Encadrer l’IA par le droit d’auteur : ce projet est-il réalisable selon vous ?

Vincent Terrasi : Avant d’aborder la technique, je poserais la question : est-ce une bonne chose ? À l’heure actuelle, les créateurs d’ IA peuvent faire ce qu’ils veulent et cela pose problème car il n’y a aucune équité ou compensation. OpenAI a par exemple récupéré l’intégralité des vidéos, son, images, textes, Internet pour entraîner son IA… Cette proposition de loi essaie justement de faire bouger les choses. 

Mais cette loi est-elle techniquement possible à appliquer ? 

Vincent Terrasi : Oui et non. La traçabilité des œuvres dans ce cas est extrêmement compliquée. L’IA n’utilise en général pas une œuvre complète, mais des morceaux : il est donc difficile d’attribuer la création originale. 

Dans la génération d’images, les ayants droits ont déjà été largement contournés.

La première version de Stable Diffusion par exemple, était complètement illégale, car des œuvres soumises à droit d’auteur avaient été récupérées pour entraîner leur IA.

Le principe qui prévalait alors était que toute œuvre générée par une IA n’appartient à personne. Des centaines de millions d’images ont donc été générées par IA, pour servir ensuite à réentraîner l’IA sur des contenus licites. 

Les start-up ont une avance considérable sur les lois…Beaucoup de créateurs d’IA se sont dit  “On sait qu’on va avoir un problème juridique, mais on va récupérer l’intégralité du contenu disponible pour avoir une IA très fiable – même si complètement illégale – qui servira à entraîner de nouvelles IA à contenu légal.” La marche la plus difficile était la première. 

Je voudrais revenir aussi sur la reconnaissance de l’œuvre originale, qui est loin d’être si simple. Il y a souvent un véritable travail humain sur les œuvres qui ont été complètement remixées et modifiées par les utilisateurs de l’IA.

Avez-vous des exemples d’œuvres générées par IA ? 

Vincent Terrasi : Je pense à l’exemple de Jason Allen qui a gagné un concours d’art dans le Colorado, dans la catégorie Arts numériques. Il a écrit plus de 500 prompts sur Midjourney et fait des centaines de modifications avec Photoshop. Alors oui, il a gagné en ayant utilisé une IA, mais il a passé un temps fou à créer son œuvre et il s’agit là de temps humain.

Autre exemple, le morceau “Saiyan”, dans lequel est repris la voix d’Angèle. La chanteuse a fini par chanter ce clip en concert. On a pu lire “l’IA a créé une chanson”… mais c’est faux ! Il y a eu un énorme travail de recherche d’arrangement, de programmation, de mixage, de distribution derrière cette création.

L’IA est un outil, mais derrière il y a un véritable travail humain pour arriver à une œuvre originale.

Une “sous-estimation” du travail humain nécessaire semblable a déjà été observée dans l’histoire, avec l’arrivée de l’appareil photo. Peintres et dessinateurs criaient au scandale, car pour eux seul un humain était capable de représenter la réalité. 

La machine apparaissait à l’époque comme tout sauf artistique. Il a fallu une centaine d’années pour que la photographie soit reconnue comme art à part entière. 

La même chose est en train de se produire avec l’IA. Un certain nombre de personnes font bouclier en pensant qu’on ne peut pas faire d’art avec l’IA. S’il s’agit juste de remake ou de plagiat, ce n’est évidemment pas de l’art, mais si l’on a quelqu’un qui s’investit et qui passe autant de temps à utiliser l’IA qu’à apporter sa touche personnelle, c’est une toute autre situation. 

Il n’est pas si facile de trancher sur la notion de création originale – et d’œuvre même dans ce nouveau contexte. Je trouve que le sujet mériterait un débat impliquant créateurs de start-up, philosophes, politiciens.

Il faut établir des lignes directrices claires pour différencier l’utilisation de l’IA comme un outil de traitement ou comme un outil pour créer de nouvelles œuvres. Comme pour la photographie : il y a les paparazzi et les artistes…

Quel organisme verriez-vous gérer ce système ?

Vincent Terrasi : Je pense qu’il faut juste s’appuyer sur les organismes déjà en place et les renforcer. 

Il ne faut pas oublier que l’IA est en train de se dupliquer dans tous les métiers, qu’on peut difficilement doubler avec des organismes spécialisés. Il vaut mieux faire appel aux organismes actuels et les former sur l’IA. Je vois là une énorme aubaine de création d’emplois. Les entreprises devront embaucher des spécialistes pour réguler et contrôler toutes ces nouvelles technologies.

Avec Draft and Goal, nous aidons par exemple les grands comptes à avoir leur propre IA, car ils ne peuvent pas dépendre d’outils tiers proposés par Microsoft ou Google. On leur permet d’avoir leur IA, hébergée sur leur propre infrastructure. 

Aborder le droit d’auteur dans le cadre de l’IA Act vous semblerait-il judicieux ? 

Vincent Terrasi : La question du droit d’auteur est d’autant plus importante dans ce contexte. Le droit d’auteur est abordé par pays, mais il peut y avoir des œuvres mixées. On arrive ainsi à des procès d’une extrême complexité. 

Je pense que cette histoire de droit d’auteur devrait être portée à l’échelle mondiale, tout comme les réflexions sur l’IA. Dès lors qu’ un seul pays essaye de mettre en place sa propre loi, cela risque fort d’être inapplicable dans un procès. 

Apporter une solution à l’échelle de l’Europe ou d’un pays ne sera pas suffisant.

Ce projet pourrait-il sonner la fin de l’IA gratuite ?

Vincent Terrasi : On ne peut plus arrêter l’IA gratuite avec le modèle Open Source. Même Meta a sorti des modèles open source qui se trouvent déjà sur des millions d’ordinateurs.

En revanche, cela empêcherait de faire n’importe quoi avec les œuvres d’autrui.

Open IA a utilisé des œuvres sans consentement et va devoir rendre des comptes. Mais malheureusement, c’était prévu dans leur business plan.

C’est quelque chose qu’on voit souvent dans l’informatique, avec Uber par exemple : on lance, et on règle les problèmes juridiques après.

Et c’est ce qu’il va se passer ici : les IA qui vont sortir dans les prochains mois auront déjà plagié ou utilisé des œuvres sans consentement. Le mal est déjà fait.

Le projet de loi évoque “une menace et probablement un désastre à venir pour la création”. Les artistes sont-ils vraiment en danger selon vous ? 

Vincent Terrasi : Le mot danger est très fort. Pour moi, l’IA, un peu comme Internet à ses débuts, est un nouveau moyen de communication et de diffusion des œuvres. Le fait que les artistes ne soient pas rémunérés par l’IA ne les met pas en danger mais crée un manque à gagner dans le cas où quelqu’un utiliserait leur œuvre d’une manière détournée. 

C’est ce qui se passe avec Chat GPT : les auteurs ont toujours leur “base de clients”. Mais maintenant tout le monde à partir de leur œuvre est capable de “créer” une nouvelle œuvre. 

Ça ne les met pas en danger, mais c’est assez révoltant de savoir que d’autres personnes utilisent vos créations sans que vous soyez informé et rémunéré. Et c’est vrai pour le texte, l’image, le son, les vidéos.

Que feriez-vous si vous étiez député ?

Vincent Terrasi : Je pense que la proposition de loi est quasiment impossible à mettre en pratique. Je ferais plutôt l’inverse, qui consisterait à faire en sorte que les artistes aient les moyens informatiques de protéger leurs œuvres. 

On est capables d’insérer des watermarks, qui permettent de prouver que l’IA a utilisé telle image ou tel texte. 

À l’heure actuelle, même si l’on peut prouver qu’il y a eu un morceau d’image qui ressemble à peu près à ce qu’à généré l’IA, cela va prendre des mois et des mois de procès : c’est complètement ingérable. Il faut donc de nouveaux moyens informatiques pour savoir ce qui a été généré et ce qui a été créé par un humain d’une part, et de nouveaux moyens pour déterminer quel texte ou quelle image à été utilisé par l’IA.

Je n’irais pas forcément vers la rémunération des auteurs, mais vers le fait de les former et leur donner tous les moyens possibles pour se protéger. 

Ce qui me fait sourire c’est que la meilleure façon de protéger les humains du vol de contenu à mon sens, ce serait tout simplement de confier cette mission à une IA. 

Merci à Vincent Terrasi.

Véritable Data Science Coach, Vincent Terrasi aide à comprendre et à maîtriser les technologies émergentes. Expert en IA et co-fondateur de Draft And Goal, solution clé en main pour intégration d’IA en entreprise, Vincent Terrasi interviendra aux Masterclass SEO du SEO By Night.