« La gestion de projet est primordiale en SEO », interview JM de Sousa (2/2)

Suite de l’interview de Jean-Michel De Sousa, SEO vétéran et fondateur de l’agence Sartepenso.
La 1ère partie de l’interview.

Jean-Michel, as-tu développé une spécialité en SEO ?

Information retrieval bookPas vraiment, mais nous avons une expérience solide qui permet à de gros sites – plusieurs milliers de documents – de passer à la vitesse supérieure relativement rapidement.

Les sites plus modestes sont souvent des projets compliqués car ils ont une capacité réduite à cibler des expressions différentes. Du coup certains font de graves raccourcis avec des solutions de netlinking pas terribles.
Les gros sites ça se travaille sur le long terme et c’est dans ce contexte qu’on est forts.

Qu’as-tu appris de tes échecs ?

Merci d’avoir posé cette question Lionel. J’ai appris plus de mes échecs que de mes réussites.
En l’occurrence nous avons raté une migration sur 01net en 2009 et nous sommes passés de 21M de visites mensuelles en SEO à 15M pour finir par remonter la pente à 24M. Nous n’avions aucune pré-production ! Tout s’est fait dans des conditions d’urgence et ça devait forcement finir mal.

Pour le SEO, la gestion de projet est souvent le parent pauvre car le consultant n’en voit pas l’intérêt.

Moralité, nous avons pris conscience que l’implication des équipes client, des directions, les moyens techniques à disposition et la gestion de projet sont des ingrédients essentiels pour réussir son SEO. C’est à ce moment là que nous avons accentué l’aspect AMOA (Assistance Maîtrise d’Ouvrage) chez Sartepenso pour accompagner d’avantage nos clients lors des implémentations et surtout améliorer le processus de validation de celles-ci.

La gestion de projet demande une connaissance du fonctionnement des entreprises et d’accepter les délais qui peuvent survenir.

Pour le SEO, la gestion de projet est souvent le parent pauvre car le consultant n’en voit pas l’intérêt – il passe du temps à faire des choses qui paraissent inutiles. Or, dans une agence, la gestion de projet SEO est primordiale. Elle permet de savoir où nous en sommes, si le projet à du retard, si le temps réservé par le client est épuisé, de pouvoir identifier des aspects à améliorer, de suivre la progression des implémentations, du trafic et surtout, d’intégrer le « workflow » du client.

Pour conclure sur mes échecs, ils m’ont surtout appris à prendre du recul, à accepter de ne pas tout maîtriser, à déléguer et à suivre méticuleusement. Du coup on travaille le SEO en équipe chez Sartepenso où chacun a des forces et des faiblesses. Il n’y a pas de chef de projet dédié à un compte, on utilise le meilleur à son poste et on fait participer ceux qui peuvent progresser.

Quelle est la question SEO que tu te poses actuellement ?

Je n’ai pas vraiment d’état d’âme concernant le SEO. Nous avons 2 sujets qu’on considère comme importants chez nous.
1. Nous sommes convaincus que le contenu a et aura une place prépondérante à l’avenir. Le PageRank est tellement dilué avec l’augmentation du nombre de documents indexés qu’il ne peut en être autrement.

2. Nous devons trouver des solutions pérennes au « NotProvided », le mot-clé est une donnée essentielle pour le SEO et il faut se donner les moyens de récupérer cette information.

Pour terminer, quelle est la pire technique SEO que tu aies utilisée ?

Pour récupérer du lien vers la page d’accueil d’un annuaire on promettait de placer un lien retour sur la page PR6 en échange de la validation de l’inscription dans les annuaires où l’on soumettait.
Il y avait ensuite une étape ou on identifiait les referers de connexion d’administrateur de site du type « phpmyadmin.* ». Lorsque le lien avait été validé par la personne en charge d’un annuaire on stockait ça en base et on affichait un lien grâce à un cookie. Le moteur ne voyait jamais de lien, le propriétaire de site lui en voyait toujours un. Les propriétaires d’annuaires ont mis plus de 2 mois avant de découvrir cette ruse – c’est d’ailleurs Jérémy, l’un des fondateurs de Spartoo qui l’avait découvert à l’époque.

Merci beaucoup Jean-Michel pour cet entretien approfondi !
Vous pouvez retrouver Jean-Michel sur le site de l’agence Sartepenso (bientôt le retour du blog ?)
Ou sur Twitter.