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SEO
Stéphanie L.
14 mai 2024
16 mai 2024

On a beaucoup, beaucoup parlé de la Search Generative Experience Google l’hiver dernier. Son arrivée était imminente, les SERP’s allaient être bouleversées. Le SEO devait se réinventer. Et puis… rien. 

Déployée aux Etats-Unis, et dans 120 pays en version bêta, SGE n’a toujours pas été proposée en Europe, bloquée notamment par les dernières lois : DMA , DSA, IA Act, et tout ce qu’impliquerait une mise en conformité.

SGE : arrivera, arrivera pas en France, et si oui, à quel prix ? 

SGE : qu’est-ce que c’est déjà ?

Selon Google : SGE est une “mise à jour de Search, qui utilise l’IA générative”.

“Grâce à cette nouvelle technologie puissante, nous pouvons débloquer de nouveaux types de questions auxquelles vous n’auriez jamais pensé que Google puisse répondre, et transformer la façon dont les informations sont organisées, pour vous aider à trier et à comprendre ce qui existe. (…) afin que vous puissiez comprendre un sujet plus rapidement, découvrir de nouveaux points de vue et informations et accomplir vos tâches plus facilement.”

Concrètement, pour certaines requêtes, Google propose en haut de la page la possibilité de générer un contenu unique : une réponse courte dans un premier temps, puis, si l’internaute clique, une réponse développée incluant une dizaine de liens. SGE propose également un espace conversationnel, dans lequel l’internaute va pouvoir poser des questions pour affiner.

Le 15 mai 2024, Google a enfin déployé SGE aux États-Unis, où elle était jusqu’alors disponible en version bêta, et l’a même renommée : IA Overviews. Sa nouvelle promesse, énoncée plusieurs fois au cours de la conférence Google I/0 de mai : “Laissez Google faire le googling pour vous.”

SGE, DMA, DSA, IA Act : les zones de flou en Europe

Sans rentrer dans les détails techniques, SGE poserait en Europe quelques problèmes de principe, étant donné les lois en vigueur. 

SGE face au DMA

Le DMA, Digital Markets Act, veut notamment interdire les pratiques anticoncurrentielles, comme l’auto-préférence déloyale, déjà reprochée à Google pour plusieurs de ses services, Maps notamment. Sauf que SGE est encore une fois un service dans le service : une proposition de valeur faite par Google. Même optionnelle, elle s’affiche tout en haut de la page, sans autre service concurrent en parallèle.

SGE face au DSA

Le DSA , Digital Service Act, vise avant tout à protéger les utilisateurs. Pour le DSA, SGE pourrait soulever la question de « l’effet d’enfermement » reproché à certains algorithmes, qui peuvent influencer le comportement de l’internaute / consommateur, la SGE limitant, dans une certaine mesure, le champ de l’internaute. 

Pour le DSA, SGE pourrait aussi poser le problème de la justification des contenus publicitaires, du consentement, et la question de la définition et des frontières même du contenu publicitaire dans ce contexte. 

SGE face à l’IA Act

Autres points soulevés par l’IA Act : la transparence des algorithmes, imposée en théorie, à mettre en parallèle avec l’aspect aléatoire des résultats, propre à induire le “consommateur” en erreur.

SGE devrait enfin garantir que ses produits et services respectent les normes de protection des utilisateurs en Europe, en matière de santé notamment. Ce qui ramène à la question centrale de l’IA Act : le niveau de risque, difficile à évaluer et canaliser sur certains usages.

Tout ceci amène au plus gros problème, souligné par Sylvain Peyronnet dans son interview : celui de la responsabilité des propos. La règle qui prévaut pour l’instant pour les moteurs de recherche est qu’ils ne sont pas responsables des résultats. Mais si Google fait la proposition de valeur, il devra endosser la responsabilité de son contenu… 

SGE : l’avis de 4 experts

À l’occasion du SEO Camp Paris, organisé par la FePSeM, nous avons demandé leur sentiment sur SGE à quelques experts. La SGE arrivera-t-elle un jour en Europe et quand ? Est-ce que ça représente un danger pour le SEO ? Et quelle opportunité peut-on y voir ?

L’avis de Mikael Priol, CEO de SEO.fr

Google se cherche encore sur SGE, en termes de modèle économique notamment. Le règlement européen pose aussi problème. Il y a un effet d’annonce mais il s’agit juste d’une nouvelle fonctionnalité. Sur les requêtes commerciales, avec beaucoup de publicité, il y a fort à parier que Google affichera des résultats classiques. Le SEO et le netlinking restent fondamentaux : les résultats SGE sont liés à l’algorithme Google Search et au PageRank. 

L’avis de François Dragon, co-fondateur de Webloom

Je pense que cela va arriver, mais plutôt en fin d’année ou début d’année prochaine et sans doute en version bêta comme aux US, ce qui fait que peu de gens l’auront. Je ne crois pas que cela représente un danger pour le SEO : c’est juste une nouvelle façon de faire du SEO. On a vu plein de choses émerger au fil du temps : l’intention de recherche, la position zéro, la recherche vocale, même si cela n’a pas trop marché… Tout le monde signe à chaque fois la mort du SEO un peu trop vite. Il faut juste s’adapter.

L’avis de Kate Herchuez, co-fondatrice de Flair Agency

“Je commence à sérieusement douter du fait que ça arrive en Europe. À mon avis, ça va être très compliqué, en particulier en France et je ne serais pas étonnée que cela fasse un flop, comme le SEO vocal à une époque. 

Si SGE devait arriver, ce qui me fait peur, c’est le pilotage de la performance : comment tracker dans la mesure où c’est aléatoire ?

L’avis d’Emmanuel de Vauxmoret, fondateur d’Uplix

Pour moi, SGE ne fait pas partie des enjeux SEO des prochains mois en France. Je pense que SGE est une nouveauté très sympa, mais je ne vois pas Google répondre directement à nos questions en dehors de ce qu’il fait déjà depuis des années. 

On va surtout assister à une utilisation plus forte de notre historique et une montée en flèche de Discover. Je crois qu’on se dirige plus vers une recherche qui vient à nous, avec un Google qui essaie toujours plus de deviner nos centres d’intérêt. Il le fait déjà depuis longtemps mais le fera d’autant plus.” 

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