Accueil > Interviews > “Avec l’INP, 80 % des sites doivent mener des optimisations pour atteindre le seuil attendu par Google”
Interviews
Stéphanie L.
13 mai 2024

La création d’un site est souvent régie par des choix esthétiques pour des questions d’image de marque, à juste titre… Sauf que le visuel a des conséquences sur la qualité et la vitesse d’affichage du site. 

Au lendemain de l’intégration de l’INP, comment arbitrer entre esthétique et performance ? Le point sur la question avec Eroan Boyer, consultant en web Performance et fondateur de l’Agence Web Performance.

L’introduction de l’INP dans les Core Web Vitals : qu’est-ce que cela a changé concrètement ?

Eroan Boyer : L’INP mesure la latence à l’affichage : le temps qui s’écoule avant qu’il se passe réellement quelque chose à l’écran suite à une interaction. 

L’indicateur précédent, le FID, était beaucoup moins complet et avait finalement beaucoup moins de sens, puisque 90 % des sites l’avaient au vert.

Avec l’INP, il devient beaucoup plus difficile d’avoir un bon score. L’indicateur est beaucoup plus exhaustif et analyse des choses plus pointues, pas seulement au chargement initial mais pendant toute la navigation. L’impact des scripts tiers est également beaucoup plus important. 

On observe donc pratiquement l’inverse des résultats obtenus pour le FID : avec l’INP, 80 % des sites sont dans le orange et doivent mener des optimisations pour atteindre le seuil des moins de 200 millisecondes attendu par Google.

D’où viennent les freins à la performance sur l’INP ?

Eroan Boyer :  Dans 95 % des cas, le problème est structurel. Le mauvais score est lié à des choix techniques : le CMS qu’on utilise, les outils qu’on charge dedans…

Améliorer l’INP nécessite donc soit de remettre le nez dans la stack technique : la faire évoluer, corriger les composants qu’on utilise, revoir un menu, revoir les outils qu’on va charger… Si on a des sliders, il suffit parfois de changer de librairie pour gagner en performance. 

La deuxième marge de manœuvre repose sur les scripts tiers, scripts de chatbot par exemple, car tout ce qu’on va pouvoir charger sur le site aura un impact sur cette métrique. 

Pourquoi une telle proportion de sites en difficulté face à ce nouvel élément des Core Web Vitals ?

Eroan Boyer : La web performance est souvent présente dans le cahier des charges des projets de création de site, mais prise en compte “de loin”, sans méthodologie, métrique ou démarche spécifique. 

Même si le sujet est généralement évoqué ou abordé en amont, c’est généralement après avoir constaté les mauvaises performances du site qu’on s’intéresse à la façon de l’améliorer dans le détail. 

Les choix de mise en page sont souvent guidés par les besoins des équipes marketing, en fonction d’une volonté d’intégrer certaines fonctionnalités ou des éléments de design liés à l’image de marque… mais leur impact sur la performance est rarement pris en compte. 

Par exemple : une marque souhaitant intégrer une vidéo en autoplay sur sa page d’accueil. L’idée est séduisante, mais si la vidéo prend 10 minutes à s’afficher sur mobile, le bénéfice est réduit. Mieux vaut parfois miser sur une image que sur une vidéo qui dans 95 % des cas ne s’affichera pas.  

Quand on crée un site, il faut penser qu’on le crée pour une multitude d’utilisateurs qui n’ont pas tous les mêmes connexions. Il faut être capable de proposer une expérience utilisateur unique, mais performante pour tous

Eroan Boyer accompagne entreprises et professionnels du web dans l’amélioration des temps de chargement de leurs sites et web-apps. Eroan Boyer était présent au SEO CAMP Paris 2024, organisé par la FePSeM. Le thème de sa conférence : “Core Web Vitals : les fondamentaux de la web Performance.”

Retrouvez l’interview on-stage de Eroan Boyer.

L’avis ⭐⭐⭐⭐⭐ des étoiles du SEO, par Zoom by Yooda X SEO Camp’us Paris 

Interview réalisée lors du SEO Camp’us Paris 2024.

Merci Eroan !

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