Accueil > Actualités du secteur > Le Black Hat en 2024, c’est quoi ?
Actualités du secteur
Stéphanie L.
10 mai 2024
16 mai 2024

Dans le SEO, on distingue souvent deux écoles : SEO White Hat et SEO Black Hat. Schématiquement : un SEO “autorisé” et un SEO “interdit”. 

Depuis 2011, au gré des mises à jour de l’algorithme Google Search, Google cherche à décourager les pratiques SEO “frauduleuses”. Mais la limite entre white et black est-elle si évidente ?  

Black Hat SEO, white hat SEO : définitions

La terminologie est empruntée aux hackers et l’idée est la même : jouer avec les règles, avec plus ou moins d’éthique. 

Le SEO white hat désigne des pratiques d’optimisation du référencement naturel en accord avec les directives officielles de Google. 

Le black hat SEO exploite les failles de l’algorithme du moteur de recherche pour influencer le classement des sites. Lorsqu’on parle de black hat, on pense souvent aux manipulations suivantes : bourrage de mots-clés, textes et liens cachés,fermes de liens, cloaking, spam de commentaires… 

Ces deux dernières années, Google a sévi, l’IA est arrivée : les techniques ont considérablement évolué mais les règles du jeu Google sont aussi devenues beaucoup plus strictes… interrogeant sur l’avenir du black hat SEO dans ce contexte. 

L’avis d’un expert black hat : Alan Cladx

Pour faire le point sur l’état et l’avenir du black hat, nous avons interrogé un expert en la matière : Alan Cladx, adepte d’un SEO “ultra black”… hyper subtil dans la technique et riche d’une certaine éthique.

Comment voyez-vous l’avenir du SEO black hat ?

Il faut déjà bien regarder la définition : un white hat, c’est quelqu’un qui part des recommandations d’une entreprise privée, Google, pour les respecter à la lettre. Ces guidelines stipulent en substance : “si tu procèdes à une optimisation en vue d’améliorer ton référencement, tu n’est plus white hat”. Donc à partir du moment où tu agis sur ton site, pour ton référencement, tu n’es déjà plus white hat. Le pur white SEO est une chimère !

En black hat, l’optique n’est pas la même : tu fais des optimisations pour ton entreprise. C’est d’abord une question de vision. Et au-delà du résultat, il y a généralement une obligation de moyens

Ensuite, il y a plusieurs niveaux dans le black : ceux qui utilisent un peu de technique, ceux qui en utilisent beaucoup et vont chercher de manière intelligente à optimiser le site et à obtenir des résultats, et enfin black hat qui tend plutôt vers le hacking, dont il faut se méfier. 

Qu’est-ce qui a changé dans le black hat ces dernières années ?

C’est une évolution perpétuelle. Il y a toujours de nouvelles règles et de nouvelles failles à exploiter. 

Quand j’ai commencé dans le web, vers 2001, seul le porn faisait du paiement par carte bancaire en ligne. Utiliser Internet pour acheter n’était pas encore entré dans les mœurs domestiques. Maintenant, le porn représente le 7e ou 8 e budget en termes de transactions en ligne en France. Les voyages ont pris la première place, suivis par la mode et le maquillage, le bricolage. Il faut s’adapter au marché, à la demande et appliquer les techniques qui fonctionnent dans un secteur à un autre

Avec l’avènement de l’IA, le jeu consiste aussi désormais à exploiter l’outil pour toute sa stratégie.

Les clients demandent donc la première position sur un mot clé ?

C’est ce qu’ils demandent en général au départ, mais j’essaie de les “réveiller” en leur faisant comprendre que ce n’est pas parce que tu es premier sur un mot clé d’une marque de voitures que tu vas prendre plus de voitures.

En revanche, beaucoup de mots clés incluant des verbes d’action correspondent à de petits volumes de recherche, mais à des gens qui ont déjà franchi le pas de l’information et veulent acheter. Et beaucoup de mots clés comme ça font de la conversion. 

Quand je développe une stratégie avec un client je l’invite à développer pour commencer 4 ou 5 mots clés uniquement, pour les amener en haut de la SERP. Une fois qu’ils sont dessus, je les invite à garder 20 % du chiffre généré par ces mots clés pour investir dans d’autres mots clés. Cela permet de créer un roulement vertueux qui augmente progressivement leur investissement SEO, et progressivement ils gagnent tous les mois de plus en plus d’argent. Le but c’est d’accompagner le client à long terme. 

Les pratiques SEO diffèrent-elles entre Prague et Paris ?

Le fond est plus ou moins le même un peu partout en Europe. Ce qui change en République Tchèque c’est qu’ils vont utiliser Seznam plus que Google. Chacun représente près de 50 % des parts de marché des moteurs de recherche.

Il faut aussi jongler avec la langue qui est un peu complexe, mais de plus en plus de Tchèques font des recherches à partir de l’anglais. Et intégrer les réseaux sociaux locaux, comme Wechat en Asie. 

Sinon, fondamentalement, les recherches restent simples : 1, 2 ou 3 mots clés… Les internautes ont une sensation de libre arbitre à partir du moment où ils tapent leur requête. Ils pensent rarement qu’en amont d’autres personnes sont là pour manipuler les SERPs. On vend du libre arbitre en quelque sorte.

Alan Cladx est consultant SEO, expert en linking, Marketing Digital et E-reputation.

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